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Maurice Baquet et son violoncelle, photographie de Robert Doisneau – mise en abyme

Maurice Baquet et son violoncelle — photographie de Robert Doisneau

Audiofanzine · Saison 96 des Compositions Inspirées par une Image

96 Strings

Kibutz
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Kibutz · Ninety six strings
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Tout commence par une image : un homme en smoking, tenant d'une main un grand cadre argenté, de l'autre l'archet d'un violoncelle. Dans le cadre, le même homme, avec un cadre plus petit — et ainsi de suite, à l'infini. Une mise en abyme photographique signée Robert Doisneau, avec pour sujet son ami le violoncelliste et acteur Maurice Baquet.

Une image qui contient sa propre image,
une œuvre qui reflète l'acte même de créer.

C'est cette vertige doux, cette récursivité poétique, cette répétition infinie dans un espace fini qui est au cœur de 96 Strings. Le titre joue lui-même sur plusieurs niveaux : la saison 96 du concours Audiofanzine, les cordes du violoncelle — cet instrument à la tessiture parfois si proche de la voix humaine — et l'idée que chaque corde vibre en réponse à une autre, dans une résonance sans fin.

Le morceau cherche à traduire musicalement ce que Doisneau a fait avec la lumière et le cadrage : des motifs qui se répètent en se transformant, des couches qui s'emboîtent, une tension entre la rigueur de la structure et la liberté du jeu. Comme Maurice Baquet qui, de tableau en tableau, demeure lui-même tout en devenant autre chose.

La série photographique de Doisneau consacrée à Maurice Baquet est l'une des plus tendres et des plus inventives de son œuvre. Ces deux-là partageaient une même conception de l'art : sérieux dans la facture, léger dans l'esprit. 96 Strings leur doit beaucoup.