Le matin d'un dimanche de l'été 2004 où le temps semblait altéré, je pris le temps d'un café au coin de la rue dans un p'tit troquet. L'ambiance sonore dans laquelle j'étais baigné durant ces 24 heures n'était pas habituelle pour moi. Un peu comme une route d'asphalte qui garde les traces de freins des automobilistes imprudents, mon cerveau entendait encore les sons qui lui avait été soumis dans la nuit, de gré ou de force, à tord ou à raison.
Les percussions du marabout aux gros doigts façon bambou donnaient le tempo aux éclairs stroboscopiques de la rame de métro qui passe dans la station sans s'arrêter. De la bouche de cette femme à la coupe provocante assise à l'horizontale sortait des sonorités clinquantes et orbitales qu'elle pensait être des paroles.
Entre Saint-Georges et Lamarck, je pense avoir pu entrer en résonance avec le cycle des turbines de la motrice, produisant une harmonique tourbillonnante et génératrice d'une énergie créatrice.