I
C'est l'histoire d'une maison banale
d'un jardin où plus personne ne court
d'une vie éteinte sans scandale
dont les murs ont perdu l'
amour
II
Des meubles d'un autre âge fatigués d'exister
et sous la poussière, des visages regardent sans
espoir, sans attendre
que le vide qui s'étend
des photos abandonnées
des prénoms effacés
des voix oubliés
des vies qui résonnent
dans le silence épais que le temps façonne
un calendrier arrêté sur un mois sans retour
des lettres jamais ouvertes empilées pour toujours
et l'horloge qui a perdu les heures un certain jour
Refrain
Tout s'est arrêté là, comme ça, sans un mot, sans fracas
le temps a fermé la porte et personne ne frappe plus
Plus de nom, plus d'adresse, plus de temps plus de tracas
le papier peint s'écaille comme un
souvenir qui fuit
Sous mes pas, le détail fait plus de bruit que la vie
Y'a même la poupée de la p'tite qu'y'a grandie.
III
y'a une tasse encore posée comme si quelqu'un revenait
mais personne n'est jamais venu et personne ne viendra
et les murs ont appris à vivre sans éclat
et je me demande parfois si quelqu'un pense encore
à ces histoires qui imprègnent ces murs ce jardin
ou si tout disparait sans laisser de chemin.
et je me demande aussi si quelqu'un se souvient
ou si les choses meurent ainsi dans le vide dans le rien
Si dégun n'est là pour les regarder
et je me demande parfois si les murs se souviennent
de ces visages qu'ils ont gardés pendant des années
ou si le temps dissout ce qu'on a habité
et je me demande aussi si les murs se souviennent
des nuits des hivers qu'ils ont traversés
ou si le froid finit par tout emporter
et je me demande parfois si les photos se souviennent
des visages qu'elles ont figés là sous la poussière
ou si ça s'efface quand personne ne regarde
et je me demande enfin si la maison se souvient
des voix des rires qui résonnaient dans chaque recoin
ou si le silence reprend tout pour de bon — tout pour de bon